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Chassez le naturel, il revient au galop !

Un belge prépare de la bière au cabernet franc à Bourgueil...
Un clin d'oeil à notre terre natale....

         un article de la Nouvelle République par Julien Coquet



Vincent Simon, « cuisinier de campagne » dans le Bourgueillois, s'est lancé dans sa première cuvée de bière.
Vincent Simon, ressortissant belge installé à Ingrandes-de-Touraine, teste un nouveau produit : une cervoise parfumée au raisin du vignoble bourgueillois.

 Une brasserie au milieu des vignes ? A La Galotière, on n'en est pas tout à fait là. Les bières se dégustent pour le moment dans un cercle restreint, mais son propriétaire ne cache pas sa folle idée.
Vincent Simon, restaurateur installé à Ingrandes-de-Touraine depuis deux ans, travaille à un nouveau produit : la Bourgueilloise au cabernet franc. Une cervoise amère,inspirée de la gueuze, comprise « entre 8 et 9° d'alcool » etparfumée… au raisin du vignoble voisin.
Vingt-quatre bouteilles " pour tester "
Une bière presque belge, 100 % made in Bourgueil. « Au printemps, j'ai aperçu du houblon qui poussait derrière la haie, raconte Vincent Simon. En voyant ça, je me suis dit que nous allions pérenniser quelque chose qui avait sans doute déjà existé ici. »
Un coup « forcément marketing », reconnaît Guillaume Lapaque, directeur du Syndicat des vins de Bourgueil, à l'origine de l'idée d'associer le cabernet franc à la bière.
Vincent Simon a beau en parler entre des éclats de rire, il a bien l'intention de quitter la production à très petite échelle pour brasser sa propre bière. Son objectif : atteindre les 2.000 bouteilles par an.
Après avoir pris quelques conseils auprès d'un brasseur de Hombourg, c'est dans sa cuisine que le ressortissant belge a travaillé à sa première cuvée, baptisée « Guillaume Ier ». Une édition limitée à 24 bouteilles, « pour tester ».
Une recette originale sur laquelle il phosphore depuis six mois. « J'ai un vrai attachement à la bière, s'excuse-t-il presque. De là où je viens, il y a pléthore de petites brasseries artisanales, chaque village a son brasseur. »
Alors, fidèle à sa philosophie de « valoriser le sol et transformer ce qu'on produit », il s'est livré à des calculs de chimistes. Une équation à laquelle il a ajouté 12 % de cabernet franc des vignes de Philippe Boucard. « Il apportera du sucre au produit et évite d'utiliser de la betterave », explique Vincent Simon.
À terme, la Bourgueilloise devrait être brassée entre novembre et mars. Maturation en tonneaux. Premières dégustations le 20 mars, jour du printemps.